Partie 1 :

Partie 1 :
Quito :

Ah ! C'est mon moment préféré ! Celui où la fille sans défense se fait piéger par l'horrible monstre (ici un fantôme). Evidemment elle crie mais n'a pas l'air de trop se défendre. C'est un trop vieux film, les effets spéciaux sont pourris, et on n'a pas l'impression d'y être, de vivre la scène.

En gros c'est complètement nul et je comprends maintenant les deux personnes à côté de moi qui, sans grand ménagement pour les autres spectateurs, se concentrent de toute leurs forces dans le sens que doivent prendre leur langue dans la bouche de l'autre.

Bah ! tout simplement dégoutant !

Les pop-corns sont étalés sur le sol, j'en ai plein la bouche et les chaussures, du coca trop sucré a imbibé mon pantalon trop long qui traine sur le sol. Et pour finir je suis coincé au ciné, en train de voir un film tellement mauvais que tout le monde le regarde.

Non c'est trop ! Je n'ai même pas une jolie fille à qui tenir la main pendant ce suplice ! Je me lève et quitte la salle avec un empressement que personne ne me connait.
De toute façon, personne ne me connait. Je m'appelle juste Quito, et j'ai 15 ans. Allez savoir pourquoi m'a mère m'a donné le nom de la capital de l'Equateur, peut être qu'elle trouvait ça beau, comme son. Moi je trouve que ça fait plutot "Kiki le chien ! Aller, viens là mon toutou ! Ouiiiii ! Viens voir mamaaaan ! " Mais bon, je ne lui en veux pas.

Nous venons d'emménager dans cette petite ville paumée en plaine cambrousse, je ne connais personne et je rentre au lycée dans quelques jours. Ahhhh le lycée ! Dépotoire à merde ! Lieu de rencontre des sales petits cons prêts à foutre votre vie en l'air à cause de votre appareil dentaire, vos grosses lunettes, votre timitidé excessive et, ah ! j'ai faillis oublier ! Votre manque de seins si vous êtes une fille ou vos boutons pour les garçons.
Ouiiii j'aime ces endroits où des futurs adultes vous rabaissent en permanence pour se sentir supérieurs à vous.

Oh ! ce n'est pas que je suis aigris, mais comprenez moi, je ne crois pas aux miracles ! De puis la maternelle, je n'ai connu que ça, moi. Du coup, je suis devenu imperméable ! Oui, je suis imperméable à la merde. Un peu trop méfiant, parce que trop sensible au fond, j'attends que la fille de mes rêves vienne me sortir de ce cauchemar.


Dans la rue il n'y a personne. Mais où suis-je encore tombé ?

_Excuse moi.

Je me retourne. Une jolie petite brune d'à peu près mon âge, timide, sort aussi du cinéma et se dirige vers moi. Hey ! On a entendu ma prière !

_Excuse moi, mais je t'ai vu sortir de la salle et je me suis permise de te suivre.

_Ben pourquoi ? Profites du film !

_Ben.. c'est-à-dire que je n'ai jamais aimé les histoires de fantômes. En plus cette histoires est complètement...
_Nuisible à la santé mentale de ceux qui regardent ? Oui, je suis d'accord.

La fille sourit timidement, un peu génée sans doute par mon mordant trop corrosif. Bon, si je commence à gonfler tout le monde dés le départ, je suis dans la merde.

_En tout cas je suis content de ne pas être le seul à avoir détesté ça.

Sourir le plus charmeur de ma part. Sachant que je suis plutot moche, je n'ose pas imaginer l'effet. Mais je la sens moins tendue, déjà.

_Tu es nouveau non ? Comment tu t'appelles ?
_Ah, oui je suis nouveau et mon prénom est Quito. Ne te moques pas !
_Moi c'est Sydney.
_Sydney, ce ne serait pas ?
_Une grande ville d'Autralie, si.

Aller, je suis en train de réver... Je ne serais donc pas le seul éclopé de la vie !! Haaaaaaa ! Putain comment je suis heureux !

# Posté le vendredi 24 août 2007 14:27

Modifié le lundi 27 août 2007 03:57

Partie 2 :

Quito :

Après l'échange de nos prénoms, je me suis assis sur le bord du trotoire, bientot rejoint par la jeune fille. Petit à petit, j'apprends à la connaitre. Elle a l'air douce et malgrés le très peu de temps que j'ai passé avec elle, j'ai envie de laisser tomber mon mur de méfiance. De me laisser aller au rythme lent de sa voix qui chuchote presque.

_Tu es dans le lycée de la ville ?

_Hum, pas encore ! j'y rentres début Septembre !
_Wouhahouh ! on se verra alors ! Moi je rentres en première.

Sa voix a prit une teinte enjouée. Mais pas forcée. C'est une joie enfantine qui a l'air honnête.

_Ah.. Le film est finit on dirait.

En effet lorsque je me retourne, je vois quelques personnes se diriger vers la sortie, un peu hébétées. Je me demande quelle force morale ils ont dû avoir pour supporter ce supplice. J'apperçois même le couple. Eux, ils ont échapés au lavage de cerveaux, ça se voit : ce sont les seuls qui sourient.

Je reprends ma position face à la route. Mais un truc cloche. En me repositionnant, j'aurais dû appercevoir la silhouette fine de Sidney qui était à ma gauche. Je me lève et tourne sur moi-même. Impossible de la repérer de nouveau. Bon, j'imagine qu'elle a dû partir avec ses parents pendant que j'étais sur mon nuage. Quoi qu'il en soit je la reverrais au lycée. Alors pas de panique.

Je suis le chemin qui doit normalement me guider vers mon logis. Maison à la fois pleine de cartons mais vide de nos souvenirs. Une demeure stérile, en quelque sorte. Ahhh... Que je hais cette maison. Il y a un rez-de-chaussée, et un étage. En bas, se trouve le salon et la salle à manger, la cuisine, et un garage. Mais en haut, il n'y a que des chambres. Trois, exactement. Toutes avec leur propre salle de bain. Chose que je trouve malgrés moi très pratique.

Ma main abaisse la poignée de la porte. Je n'aime pas cette porte. Mais tant pis, j'entre.

Mon corps est paralysé devant cette montagne gigantesque de cartons, de toute taille, de toute forme. Mon soufle en a presque été coupé.
Maintenant je me souviens ! Si je suis allé voire ce film débile, ce n'était pas pour ramollir ma cervelle déjà bien liquide, mais fuir le désenpaquetage.

_Quito ? Ahhh ! Nous t'attendions pour défaire les cartons !

Je me retiens de lui faire remarquer qu'il estt 18 heure et qu'ils n'ont rien foutu de l'après-midi, vu que je suis très très mal placé pour cette remarque.


_Ah! Mais fallait pas !
_Aller viens mon lapin.

Ah oui, c'est vrai. Je ne suis pas Kiki le chien. Mais Kiki le lapin.




Partie 2 :

# Posté le vendredi 24 août 2007 15:07

Partie 3 :

Quito :

En me dirigeant vers ma mère, j'entends des petits bruits bizarre. Plus j'avance et plus je me rends compte qu'ils sont au rythme de mes pas. C'est une sorte de "scruinch scruinch", un bruit comme quand on mange des céréales sans lait.

_Oh, Quito ! tu me mets des pop-cornes partout !

Ahhhh ! C'était ça?! Je me souviens, oui ! y'en avait partout par terre quand j'étais au ciné. Surement renversés par le couple.
L'espace d'une seconde tout à fait absurde, je me dis que j'ai fait comme le petit Poucet, j'ai semé des indices pour qu'on me retrouve. C'est vrai que je suis un peu perdu, dans cette ville.

_Hé ho ! Réveilles toi ! Aides moi à ranger ce qu'il y a dans ce carton.

Je me secoue et aide ma mère comme je peux. On fait le trie entre ce qui a résisté au voyage et... ce qui est réduit en miettes.

Quand mon père rentre, il est 22h et on a plus ou moins fait la moitié du boulot. Tiens, en parlant de boulot :

_Tu as trouvé ce que tu cherchais ?
_Oui, un remplacament dans un magasin d'antiquité. La vendeuse est enceinte. C'est déjà ça pour le moment ! Et puis c'est bien payé. Assez pour subvenir aux besoins de la famille.

Il s'allume une cigarette et la braise rouge au bout du batonnet nous éclaire pendant que se libère une fumé douce et grisâtre. C'aurait été beau si ça n'annonçait pas la mort de milliers de gens. C'est juste une facade. Comme la rose qui pique. Comme l'homme parfois bon mais si souvent impitoyable.

Je vais me coucher, et je sens que j'aurais quelques courbatures demain.
Je monte l'escalier blanc, traverse le long couloir.

Je ne sais pas grand chose sur cette maison. Mais j'aurais préféré un logement rien qu'à nous, qu'on aurait fait construire. Celui ci est trop... Ben, je sais pas ! Il a un passé, avec des bon, des mauvais souvenirs.
Alors je ne sais pas si j'arriverais à me sentir bien ici.. Mais je ferais de mon mieux pour ne pas embarasser mes parents.

J'étais bien, dans l'autre maison. C'était petit mais je l'avais toujours connu. Elle n'avait aucun secret pour moi. Et c'était réconfortant de la retrouver après le collège, où c'était pas tous les jours joyeux.

J'entre dans ma chambre. J'ai de la chance, les pièces de l'étage sont toutes meublées. J'ai juste eu à m'installer, ce que je n'ai pas tardé à faire!

Je me change, ouvre la fenêtre pour laisser entrer l'air frais, et me laisse tomber sur le lit moelleux.

Avant de m'endormir, j'ai une pensée pour Sydney.

Puis j'éteinds la lumière.



Partie 3 :

# Posté le lundi 27 août 2007 04:54

Partie 4 :

??? : (On ne sait pas qui c'est lol)


Pour une nuit d'Août il fait bien froid, mais heureusement la pénombre est au rendez-vous.
Il n'y a personne dans les rues, ainsi je peux donc me ballader à ma guise pendant que les gens dorment.
Je sais déjà où je veux aller. Je sais déjà comment y aller. Mais je ne sais pas dans quel état sera mon refuge quand je m'y rendrais. Est-ce bien entretenu ? Ou complètement à l'abandon ?
Je regarde une dernière fois si quelqu'un est là, puis j'ose enfin sortir de ce qui me cachait du regard des autres.

Il faut que je me souviennes.. Il faut que je sache ! Vite, avant qu'il ne soit définitivement trop tard !

Je rase alors les murs, jouant avec les ombres pour ne pas être éclairée des réverbers. Si on me voit je suis fichue.
Les rues sont toujours les mêmes. Les maisons aussi. Cette ville reste la même que lorsque je l'ais connue. Et ce n'est pas vraiment un compliment.

Je finis par trouver la maison recherchée. Maison que j'ai faillis louper. Elle, c'est la seule qui a changé. Le jardin est retourné à l'état sauvage et ça me fait mal là où aurait dû se retrouver mon coeur. Mais que vois-je ? Une voiture bleu est garée devant le garage. Mais qui ça peut bien être ?

La fenêtre du rez-de-chaussée est ouverte, alors j'entre par là.

Des dizaines de cartons bouchent le passage. Des gens emménagent ? Dans MA maison ? Mais qu'est-ce que ça veut dire ?!

Je passe au dessus des cartons, et prends l'escalier.
Une fois retrouvée dans ce couloir, je ne sais plus quoi faire. Alors j'ouvre la porte de ce qui a été ma chambre.
Quelqu'un dort dans le lit ! Dans MON lit !
Je m'approche doucement, plus glacée qu'à l'accoutumée. Je vois le visage de ce qui semble être un garçon. Alors je me penche doucement et l'embrasse.

Car le baiser d'un fantôme a la possibilité d'offrir des cauchemards bien plus horribles que l'imagination médiocre des êtres humains.

Je le ferais chaque soir s'il le faut. Pour que vous vous en-alliez, vous, les intrus.




Partie 4 :

# Posté le lundi 27 août 2007 05:41

Partie 5 :

Quito :

Je suis dans une salle de classe et mon voisin de gauche, un garçon blond, me demande d'ouvrir mon cahier de math.

_Tu faisais comment pour résoudre cette équation ?

J'étais sur le point de lui répondre "On faisait d'abord la théorie, puis la pratique" ce qui veut dire que je ne sais pas, car je n'ai jamais eu un bon niveau en math.

Quand tout d'un coup, je me suis retrouvé dans une maison qui semble être celle où on emménage.
Je suis comme une ombre invisible dans la cuisine, au milieu d'une famille qui se hâte de prendre son petit déjeuner pour être à l'heure. Il y a un couple et une jeune fille, d'à peu près mon âge et qui ressemble étrangement à Sydney.

_Quels cours tu as ce matin ?
_Sport, math, et français.
_Tu vas t'en sortir ?
_Je pense, oui.

La fille a une queue de cheval bien faite, un teint assez pale, et des vêtements noirs. Ses yeux bleux ont l'air fatigués mais bien profonds

Je rêve de Sydney ? hum.. C'est suspect !


* C'est la dernière chose dont je me souviens*



Je tourne sur moi même pour savoir qui a parlé. Je ne vois personne. Pourtant on dirait bien la voix de l'adolescente, non ? J'ai un doute.


*Je suis partie à l'école ce matin là. Je me souviens que sur le chemin, j'ai eu comme un trou noir. Et puis quand je me suis réveillée...*



On change de décor. Je suis maintenant dans la rue près du ciné qui, c'est vrai, mène aussi au lycée.
Sur le sol il y a Sydney, enfin je suppose que c'est elle.


*Quand je me suis réveillée, je n'étais plus qu'une âme errante et mon corps était à côté de moi. J'avais beau hurler, personne ne m'entendait. Ils regardaient tous mon corps, complètement terrifiés.*



Ca y est, j'ai compris. Je suis en train de réver !


*Tu es dans ma maison ! Vas-t-en où je te turais !*

_Sydney ? C'est comme ça que tu t'appelles ?

La voix ne répond pas. Peu importe.

_Tu me semblais plus gentille que ça, quand je t'ai vu au ciné.


*Ce que tu penses de moi m'importe peu*



Charmante, avec ça.

Et voila que le décor disparait à nouveau. Je suis toujours dans la maison, mais c'est une autre famille que précédemment qui est dans la cuisine.
Le placard s'ouvre tout seul et les assiettes volent comme des fresbes.
La mère de famille pleure, complètement paniquée. Et moi je ne peux rien faire, debout et invisible.


_C'est toi qui a fait ça ? Et c'est ce que tu compte faire si je ne m'enfuie pas ? Je n'ai pas peur de toi, sale teigne !


J'ai froid soudain ! J'ai une baisse de tension ? C'est pas normal ! Il faut que je me réveille !

C'est la douleur qui me tire de mon inconscience. Je suis tombé de mon lit.
J'allume la lumière, je ne vois plus rien, juste la dernière image dans ma tête qui m'aveugle tant elle est horrible.

Je vomis. Je vomis tout ce que mon corps a pu contenir dans sa vie. Cette image ne veut pas s'en aller. L'image d'une fille brune qui recrache du sang et qui marche sur de la cendre. Pourquoi cette image me prend au coeur ? Est-ce son regard qui me touche autant ? Le regard d'une personne qui se soumet à n'être plus qu'un objet. Ahhh.. J'ai mal au ventre !



Partie 5 :

# Posté le lundi 27 août 2007 08:30